Jouir – Récit érotique

 

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Nous voici allongés sur le pré. Il y a des fleurs, bien sûr, et le ruisseau qui coule. Et puis je te regarde, je vois la prunelle noire de tes yeux marron clair, élargie, dilatée, et tu me regardes. Et j’ai soudain envie de toi, de ta peau et de ton sexe fort, gros et puissant entre tes cuisses. Lentement, j’approche ma tête de tes genoux et goûte la saveur du soleil sur tes jambes. Lentement, lentement, je m’approche jusqu’à la réunion de tes cuisses, là où ton sexe s’est durci d’attente. Lentement, encore plus lentement, ma bouche saisit la bourse tendre et soyeuse de tes couilles et j’en fais entrer une, toute ronde, entre mes lèvres, avec délicatesse car je sens ton appréhension pour cette partie de toi si délicate. Avec tendresse je te la rends, avec tendresse je te la reprends, deux, trois, quatre fois…

Tu t’es rassuré et tu te laisse aller à des petits sursauts de plaisir. Alors, sans avertir j’allonge ma langue et je la passe en appuyant sur la verge droite et lisse de ton sexe tendu. Tu as un soubresaut de plaisir et tu te laisse aller. Je recommence et recommence encore, encore, attentive à ton plaisir qui frémit et me fait trembler moi aussi. De la pointe de la langue je tête le repli intime où s’attache le gland, et tourne autour, explorant tous les plis de ta peau fine et veinée de bleu qui gonfle et bat comme les veines de ton poignet. Je te sens retenir ton souffle, alors je me hasarde sur la surface lisse et dénudée du gland rougeâtre et insiste autour du trou minuscule d’où je sais jaillira ton sperme organique, opaque et fécond. Et tout cela me fait frissonner aussi, alors j’ouvre grand la bouche et fais glisser ton sexe dedans, dehors, dedans-dehors.

Je sens ton goût, ta peau et ta dimension puissante et tendre de verge cylindrique. J’appuie de mes lèvres sur la base. Tu émets un petit mugissement de plaisir. Je refais glisser ton sexe dehors. J’arrête et le laisse un peu, en attente, lui, toi, moi… Brusquement je le reprends, je le laisse et je recommence à le faire entrer lentement, profondément. Tu es perdu dans ton plaisir, donné et généreux. Alors rythmiquement je suce, je te suce et ton plaisir monte… jusqu’à ce que dans ma bouche tes veines délicates battent, battent, et voici ton sperme au goût laiteux acidulé. Tu pousses des reins inconsciemment et tu râles, renversé, étalé, pendant que les jets de ton sperme touchent ma gorge sans que je l’avale, attentive à ton rythme qui se calme et s’apaise. Je le tiens encore un peu dans ma bouche. Peu à peu, avec précaution, je te laisse, pendant qu’à coups de soubresauts inattendus et brefs tu reviens sous mes yeux qui te saisissent avec respect dans ton abandon désarmé, et je t’aime

Tu as repris ma main. Nous sommes allongés. Il y a toujours les fleurs, bien sûr. Dans le ciel bleu traversent des petits nuages très blancs et le ruisseau que j’avais oublié se fait réentendre. L’herbe a une odeur de foin. Une campanule s’offre aux abeilles. Le temps passe hors du temps. Nos yeux se rencontrent, ta main presse la mienne puis tu te mets sur le côté et, de ta main libre, tu explores mon visage. Tu t’arrêtes un peu sur mes lèvres, j’embrasse le doigt qui passe, tu insistes, je le ré-embrasse, désormais la paix est rompue.

Tu t’approches et tes lèvres touchent les miennes, et voici la langue qui pénètre et pousse. Je l’accueille, tu pénètres, plus insistant encore, tu me donnes un peu de salive, je bois. Je te caresse de mes mains, mes pieds et mes cuisses te serrent. Je tremble en pensant à une autre pénétration plus profonde, mais tu prends ton temps, tu m’embrasse encore, à petit et grands coups e langue. Ta main parcourt mes jambes, ma taille, insiste sous les aisselles… Tu joues un peu avec mes petits seins que je sens pointer sous des doigts qui titillent, gonfler sous tes paumes qui pétrissent. Mais déjà tu les laisses tout fourmillants et tu descends vers mon ventre, qui se creuse d’attente…

Tu ralentis, j’attends, j’attends suspendue à ton moindre geste. Et voici le bout de tes doigts qui effleure mon sexe, que je sens gonflé et mouillé comme un bourgeon sous la pluie. S’ouvrira-t-il ? Distraitement tu le caresses un peu, distraitement car tu as pris ta décision. Et puis tu me saisis par les épaules, tu étends ton corps sur le mien, bras à bras, jambe à jambe, et ton sexe… Oh ! ta verge longue se tend vers mon sexe lisse aux lèvres étalées et gonflées . Peu à peu, avec insistance, tu pousses et m’ouvres, peu à peu, avec insistance, et voici que tu entres, je te sens glisser, ressortir et reglisser, rentrer, sortir. Il me semble qu’il n’existe plus que ce mouvement rythmique et ton insistance, encore, encore, et voici quelques poussées d’ondes qui s’arrêtent et reviennent et grandissent et… Je serre entre mes cuisses ce sexe qui encombre, indiscret, insistant, possessif et désirant, qui demande, qui demande…

J‘ai chaud et je sens ta chaleur, je respire à grands coups accélérés, tu respires  à mêmes coups, je bouges, tu te bouges, je me mélange dans les grandes montées qui surgissent de plus en plus rapprochées… et mon sexe entier bat et pulse, depuis l’anus jusqu’à la nuque. Je me laisse aller molle, molle, pendant que je te sens arquer les reins et plonger dans une grande poussée profonde que j’accueille au fond de mon laisser-aller, ouverte et vagin déplié, ouverte à ton sperme qui vient enfin. Spasmodique, ta verge se décharge à coups puissants que j’écoute aussi du fond de mon laisser-aller; Ton corps retombe et coïncide avec le mien…

Des heures voudraient passer mais il est tard, les ombres s’allongent, le ruisseau chante fraîcheur, les premiers grillons grincent. La vie appelle ailleurs.

Nelly, Plaisirs d’amour, Almanach Érotique des Femmes , Paris, Éditions Lieu Commun. Le calendrier Pirelli 1974 shooté par Hans Feurer aux Seychelles – page Janvier Crédit image : Pirelli – Hans Feurer

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