Méditerranée – Récit érotique

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La Méditerranée sous le soleil, c’est beau. Un bois de pins au soleil de midi, ça sent bon. Des corps nus et bronzés, c’est beau aussi. Sans ces marques de maillot qu’on croirait décolorés à l’eau de Javel. En arrivant dans le camp naturiste, j’ai découvert une sensation extraordinaire de liberté. La liberté dans les mouvements. Liberté du corps qui communie avec les éléments. Liberté aussi dans les relations avec des gens qui, parce qu’ils sont sains, n’ont pas honte de leur corps et de celui des autres.

Il y a deux mois que j’ai quitté mon mari. Un phallocrate comme on n’en fait plus. Enfin presque. Du genre à trousser les femmes de ménage et à exiger de sa respectable épouse qu’elle passe ses jours et ses nuits à l’attendre. Parce que les femmes, c’est fait pour ça. Et pas un regard au voisin hein ?

Le bagne, c’est fini. Et pour l’oublier tout à fait, il me fallait cette liberté complète. C’est dans le train qui m’emmenait le plus loin possible de mon vieux barbare que tout s’est joué. Le train, c’est chouette, à cause des gens qu’on y rencontre. J’avais envie de rencontrer plein de gens. Différents, si possible, de ceux avec qui je m’étais ennuyée si longtemps. C’est ce qui m’a poussé à discuter avec des Anglais : deux garçons, une fille. Ils sont gentils. Ils vont dans un camps naturiste. – Et vous ? – Moi, je ne sais pas. – Pourquoi pas avec eux ? – C’est possible ? Oui, c’est possible. Ils ont l’air content. Moi aussi. Et voilà. Voilà que la vie est merveilleuse !

Je n’ai eu qu’à louer une tente pour rester avec eux. Et surtout avec lui : William. Il est merveilleux, mon Anglais, avec ses cheveux longs, sa barbe blonde, son ventre plat. Nous nageons ensemble. Nous courons dans le vent. Le soleil a décoloré mes cheveux par mèches, et doré ma peau comme un fruit. Ce soir, nous avons marché longtemps sur la plage en nous donnant la main. Et puis nous avons bu un whisky ensemble. Il m’a raccompagnée sous ma tente. Il n’y a pas beaucoup de place sous une canadienne. Juste celle d’un duvet. Ça favorise les contacts. La nudité aussi. Et le whisky, ça aide à se sentir bien dans sa peau. Je me sens bien, très bien dans cette peau lisse et salée. La sienne est douce et fraîche comme les vagues. Ses mains douces et longues. Et savantes. Sa bouche aussi, qui fouille la mienne, très doucement. Puis lèche mon corps tout entier, à petits coups de langue imprévisibles dans l’obscurité. Instinctivement, je me mets à sucer le sel sur ses épaules, sa poitrine, son ventre. Et la petite bourgeoise bien sage que j’avais failli devenir se laisse aller à ce jeu et le trouve épatant.

Pourtant, quand la bouche de William vient toucher mon sexe, j’ai un frémissement ; moitié de recul, moitié de plaisir. Le recul, c’est à cause de mon éducation de jeune fille rangée qui admettait le flirt, mais pas davantage. Le plaisir, c’est à lui que je le dois. Et je ne m’en défends plus. Sa langue adroite s’insinue, incisive et tendre, à l’intérieur de ma chair humide. Et c’est si bon que je râle de plaisir. Sa verge est à la portée de ma bouche, gonflée, frémissante. On m’a toujours dit que c’étaient les putes qui faisaient ça. Peut-être. Mais même si je devais être la première femme à le faire, je prendrais ce sexe dans ma bouche pour rendre à William le plaisir qu’il me donne, pour prendre plaisir moi-même à le lécher, à le sucer, à le faire frémir encore davantage. Il a un goût qui me plaît. C’est merveilleusement doux. Et excitant. Et pour la première fois depuis longtemps, je jouis. D’une jouissance douce, diffuse, qui fait renaître mon désir. Plus lancinant, plus ardent que jamais.

William est maintenant au-dessus de moi, haletant. Il écarte mes cuisses et entre en moi, à petits coups d’abord, puis plus fort, plus fort encore. Et un même désir fou me jette contre lui, me lance à grands coups de reins contre son ventre et ses hanches que j’ai prises dans mes mains crispées. Je gémis, je crie peut-être. Je ne sais pas. Je ne suis plus qu’un sexe, avec, tout au fond de ce sexe, un plaisir trop intense pour ne pas exclure toute autre sensation. Un plaisir qui brusquement me fait jaillir au-delà de moi-même, au-delà de toute conscience, et irradie dans tout mon corps une chaleur bienfaisante. William me laisse un moment de répit, me renverse sur le côté, prend ma bouche. La sienne est brûlante. Nos jambes s’entrecroisent et il s’enfonce à nouveau en moi. Tout doucement, mais plus profondément. Jusqu’à ce que nos deux corps ne fassent plus qu’un. Il se frotte à moi, serre mes seins dans ses mains, jusqu’à ce que mon désir exacerbé me pousse de nouveau à m’empaler sur lui de tout mon poids. Fort, toujours plus fort, jusqu’au grand éblouissement final. Jusqu’à ce qu’il jouisse lui aussi, dans un râle sauvage.

Nous restons enlacés, haletants. Heureux. Il caresse mon visage, frotte sa joue contre la mienne. Je lui caresse les cheveux. Gémissante encore, je lui baise l’épaule et je demeure ainsi, flottant dans une demi-inconscience. Douce. Très douce. Longtemps après, me semble-t’il, William m’entraine vers la plage. Nous entrons dans l’eau en courant. Nous sautons dans les vagues, nous dansons, fous de bonheur. Fous de joie. 

A peine ébroués, nous allons nous sécher sous la tente de Diana et de Michael. Je comprends un peu l’anglais, d’habitude. Ce soir, pas du tout. Je n’ai rien compris à ce que William a dit à Michael. Celui-ci me tend en riant un grand verre de menthe. Et quand j’ai bu, il m’attire contre lui, la tête contre son épaule, et m’embrasse dans le cou, puis sur les lèvres. Je me sens tellement bien que je trouve ça tout naturel. William aussi. Il me pousse vers son ami en me disant dans un français incertain : « Il baise bien, tu sais. » Non, je ne sais pas, mais je ne demande qu’à savoir. Du bout de la langue, Michael agace la pointe de mon sein. Il n’en faut pas plus pour que je me retrouve étendue sur un duvet. Une bouche prend mon autre sein. Sans ouvrir les yeux, je pose la main sur une tête frisée : celle de Diana.

Je n’ai jamais eu de contact avec une autre femme. Je pense vaguement que cela devrait me choquer. Mais j’en éprouve au contraire un plaisir singulier. Plaisir que la bouche de William, qui suce mon sexe et le mordille, porte à son comble. Je gémis, je me débats, à la limite de la douleur, tant mon désir est violent. Je supplie qu’on me prenne.

C‘est Michael qui entre en moi, brutalement. Je crie. Je lui tire les cheveux. Il me mord l’épaule, prend ma bouche, la ravage. Puis ses coups se rapprochent, de plus en plus durs, de plus en plus profonds. Extraordinaire. Et nous jouissons dans un double hurlement inarticulé. Plus rien. Le noir complet. Très lentement, je reprends conscience. Michael me regarde, interrogateur. All right ? Oh ! oui, all right ! C’était bon. Près de nous, Diana et William sont encore enlacés. L’odeur de leurs corps et des nôtres m’enivre.

Un peu plus tard, ce sera à nouveau la fraîcheur des vagues où nous serons quatre à nous ébattre. Cette fois, quand je sors de l’eau, je frisonne. Diana m’enveloppe dans un drap de bain et me frictionne en m’entraînant vers la tente. Elle est belle, Diana. Ses yeux bleu-vert sont immenses, bordés de cils très noirs. La ligne de ses sourcils est parfaite sous ses boucles noires. Elle a une bouche rose et charnue. J’ai envie de mordre cette bouche. Je me souviens de mon dégoût, au lycée, quand une de mes amies avait voulu baiser mes lèvres. Et comme je l’avais repoussée. Diana est belle. Trop belle.

Sans doute aussi ne suis-je plus la même. Et sa bouche était douce tout à l’heure sur mon sein. Et experte. Je regarde ses seins. Lourds. Splendides. J’ai envie d’y enfouir mon visage. Et, comme, ce soir, tout est permis et merveilleux, j’entoure sa taille de mes bras et me frotte délicieusement à ses seins généreux. Elle rit. Prend ma tête dans ses mains et m’embrasse sur la bouche. C’est frais comme un fruit. J’aime. Elle me renverse et reste assise auprès de moi, contre moi. Grave soudain, elle me regarde. Elle me caresse doucement tout le corps. Ses doigts m’effleurent à peine, lentement, très lentement. Savamment. Je frissonne. Elle m’embrasse à nouveau, comme pour me rassurer, m’apprivoiser.

Je me laisse aller. Elle me caresse encore, me pétrit les épaules, les seins, longuement. Elle les garde dans ses mains et s’allonge sur moi. Elle se frotte à  moi et je me frotte à  elle. Mes seins, petits et pointus, frôlent les siens. Elle s’en amuse et les excite. Elle m’observe, attentive, prévenante comme une grande sœur. Elle sent naître mon désir, que sa main vient soulager et raviver en même temps. Plus timidement, je caresse son ventre, ses cuisses qui s’écartent. L’envie me vient d’explorer ce sexe perdu dans une épaisse forêt sombre, et mes doigts inexperts apprennent les détails de cette intimité semblable à  la mienne. Elle gémit et je suis étonnée d’avoir suscité son plaisir. Et ravie. Je la caresse plus profondément. Elle jouit et repousse ma main. Puis elle va se renverser, jambes écartées, sur un coussin et attire ma tête vers son sexe offert. Je suce, je lèche cette chair tendre et humide qui a une saveur différente et terriblement excitante. Je caresse ses seins. Elle gémit et je la regarde, éblouie mais encore incrédule.

Une main fraîche s’insinue dans mon sexe brûlant. Puis c’est une verge exigeante et fébrile, tandis que je continue à  sucer Diana. Michael me l’arrache et se jette sur elle. William me prend les hanches et m’attire vers lui. Nous nous étendons à  côté de Diana et de Michael. La main de William vient caresser mon clitoris et je jouis tout de suite et très fort… Si fort que je ne pense pas pouvoir jouir encore. Je me libère, je me retourne et j’offre mon ventre à  Michael, tandis que William va jouir en Diana. Et Michael en moi. Nos quatre corps épuisés se détendent à  demi enlacés, suants, heureux.

D‘un geste inconscient, je caresse les boucles brunes de Diana. Une main – laquelle ? – serre la mienne. Une autre s’attarde sur mon sein. Je ne sais plus très bien qui est qui, où je suis. Quand ? Comment ? Pourquoi ? Ni qui je suis. Mais je suis bien, si bien… Comblée d’avoir donné tant d’amour et de joie. Et d’en avoir reçu en partage si largement. Notre dernière baignade est courte. Les premières lueurs de l’aube n’ont jamais été aussi belles et je ne me suis jamais sentie aussi heureuse. Aussi bonne. Aussi innocente. Aussi méritante. Je ris, et William me demande pourquoi. J’essaie de lui expliquer. L’aurais-je suivi, hier, si j’avais su ce qui allait se passer ? Et pourtant, ce fut tellement merveilleux !

Je me suis éveillée la première, auprès de William. Et je l’ai regardé dormir. Il est si beau que je pourrais le regarder ainsi pendant des heures. Mais je préfère aller courir seule sur le sable humide. Là  où les vagues lisses et tranquilles viennent s’étaler en murmurant. Le soleil n’est pas encore très haut dans le ciel et l’eau est fraîche. Presque froide. Cette fraîcheur sur tout mon corps m’est un plaisir. Michael et Diana viennent me rejoindre. On s’embrasse. On échange quelques paroles d’amitié, et on part vers le large. J’aime bien nager ainsi, le matin, quand la mer est encore déserte. Toute pure. Toute neuve.

Quand nous revenons vers la plage, William nous attend. C’est merveilleux de le retrouver. Je l’aime encore plus qu’hier. Je le lui dis et il en est heureux. Nous allons déjeuner ensemble.

La distribution du courrier met, hélas ! un terme à  tant de joies partagées. J’annonce que je dois partir. William dit simplement : »Quel dommage, Stéphanie… » Oui, c’est dommage, mais ainsi va la vie ! Mon avocat me demande la preuve des « liaisons injurieuses de mon mari ». Le terme me fait rire. C’est un peu injuste pour Benoît, en un sens. Mais l’indifférence d’un homme, son conformisme suranné ne se prouvent pas facilement. Alors, va pour des liaisons injurieuses. Et qu’on en finisse aussi vite que possible.

Trois jours plus tard, mission accomplie : c’est prouvé. Je vais pouvoir repartir vers le soleil et mes Anglais…

Stéphanie

Crédit photo pxhere.com

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