Les trois boucles – Récit érotique

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I

Carlos est très beau. Il est brésilien. Il a des yeux bleus un peu troubles et un anneau d’or à l’oreille. Je trouve qu’il a l’air d’un aventurier. Moi j’ai quinze ans, c’est l’été. Une robe très courte et des jambes bronzées. Je passe mes journées dehors. Il fait très chaud et il y a du monde qui flâne dans les rues.

Carlos me plaît beaucoup. Il est bien plus grand que moi et je ne comprends pas toujours quand il parle. Quelques fois je m’assieds sur ses genoux et il passe ses mains sous ma chemise. Il caresse mes petits seins. Ça fait une impression bizarre et lui il rit. J’aime bien. Un jour, il me dit : « Viens, on va voir un ami.» Mais arrivés à la maison, on ne trouve personne. Sur le palier, Carlos sonne et re-sonne. Pas de réponse. Alors il se tourne vers moi. Il a un regard sombre. Il me prend par les épaules et me pousse contre le mur. Et puis il m’embrasse. Les joues, les yeux, le cou. Il glisse sa langue entre mes lèvres, m’enveloppe dans ses bras, fouille dans ma robe, et il tire sur ma culotte en coton. Il souffle des mots qui l’affolent et que je ne comprends pas. Je sens sa main défaire son ceinturon. J’ai peur. Je ris. Je dis non,non. Je me tortille. Je dis tu es fou, j’ai quatorze ans. Il ne m’entend pas. Il serre ma taille dans son bras, il ouvre mes jambes avec son genou, se glisse vers moi. C’est dur et chaud contre mon ventre.

J’ai peur. C’est fou. J’ai envie de rire aussi. Je me dis : c’est moi qui suis là, je crois que je l’ai cherché. Mais je ne veux pas ! Quelqu’un monte l’escalier. Carlos me lâche brusquement. Il me regarde comme un plongeur qui sort de l’eau. Il rajuste son pantalon. Je reste là essoufflée, déçue, soulagée. Et puis il me prend la main et nous sortons. Dans la rue je suis toute rouge. Il me paie un Perrier.

II

Plus tard, c’est toujours l’été. Je viens d’avoir seize ans. Je mange une glace à une terrasse de café. Un garçon me regarde. Il est là depuis longtemps. Je fais semblant de ne pas le voir, mais je sais qu’il est tout bouclé avec une bouche ronde un peu molle. Je passe et repasse devant lui en léchant ma glace. Il me regarde. On dirait qu’il n’a que ça à faire. Alors je m’arrête devant lui. Je lui demande s’il aime les glaces. Il me dit qu’il s’appelle Bruno et qu’il a dix-huit ans. L’après midi passe avec lui qui me regarde tout le temps. Il ne sourit pas, il ne parle pas. Je m’ennuie un peu mais je le trouve plutôt mignon. Je lui donne rendez-vous pour le soir et je m’en vais. Quand on se retrouve, il est toujours dans le même état. Il ne mange rien et me fixe avec de drôles d’yeux effarés. De temps en temps, il me dit : « Je t’aime ». Je trouve ça bizarre, il me connaît à peine. Il m’énerve, mais il me plaît quand même. Je pense  : ça pourrait être lui. Oui, pourquoi pas ? J’irai le voir demain chez lui.

Il habite très loin. Quand j’arrive il dort encore. Il m’ouvre la porte tout ensommeillé. Je vois son slip blanc sur son corps lisse et bronzé. Ça m’intimide. Il m’emmène dans sa chambre. Il est aussi gêné que moi. Nous nous regardons devant son lit défait. Il est tôt encore, mais il fait déjà chaud. Il m’embrasse sur la bouche. Je suis raide, il est maladroit. Il est mal réveillé. Je m’allonge sur le lit. Je lui dis : « Je suis vierge». Il me regarde sans comprendre. Puis il me dit : « Je ne peux pas te faire ça.» Je suis vexée. Je suis venu pour ça. Il ne doit pas me laisser tomber. Alors il se couche à côté de moi. Il caresse mon corps avec des gestes incertains. Je me déshabille vite. Je n’ose pas le toucher. Il est tellement étranger. Je sens ses baisers, son corps qui pèse sur le mien, ses doigts qui me cherchent timidement. Moi je regarde la pièce sombre autour de nous, les tranches de soleil à travers les stores, les bruits de la rue dehors et nous sur ce lit. Il hésite encore.

Et puis je sens qu’il entre en moi. Il est doux. Il a peut-être un peu peur. Son sexe glisse dans le mien. C’est drôle, je n’ai pas mal. Je ne sens rien. Je suis légèrement écœurée. Il soupire, il bredouille des mots, il s’affale sur moi les yeux fermés. Voilà, c’est fini. Je ne suis plus vierge et c’est ce que je voulais. Il ouvre les yeux et me demande si j’ai mal. Je le déteste.

III

Et puis j’ai dix sept ans. Les hommes me sifflent dans la rue et me disent que je suis jolie. Mais ils me dégoûtent en secret. Un soir je rencontre quelqu’un. C’est à une fête dans un bel appartement. Il y a une grande terrasse et plein de monde. Je danse, je m’amuse, il y a tous mes amis. Et lui que je ne connais pas. Toute la soirée nous nous croisons, nous effleurons, nous sourions à travers les pièces. Nous nous cherchons au milieu de ces gens dans un ballet concentrique. Je m’échappe, il disparaît, puis il m’attire à nouveau. J’ai très envie de le toucher. Et nous nous retrouvons soudain assis côte à côte. Il ne parle pas. Il prend ma main et la caresse lentement de ses longs doigts. Il me regarde très fort. Je sens une chaleur dans ma gorge, dans mon ventre. Il me trouble terriblement. Nous restons là longtemps. Juste nos doigts qui jouent, ses yeux sur moi, son sourire voilé, le plus longtemps possible.

Et puis il se lève. Je le suis sur la terrasse. Nous sommes l’un avec l’autre dans la nuit tiède. Le premier baiser qu’il me donne me soulage la tension folle de mon corps. Et je reconnais la bouche sur la mienne, ses mains qui me soutiennent et me découvrent, son corps tout le long du mien. Il me pousse lentement vers la balustrade de la terrasse. Là, il soulève ma jupe. Sa main glisse très vite sur mon ventre, mes jambes, s’arrête entre mes cuisses, me fait tressaillir. Je vois les danseurs à travers la fenêtre qui tournent comme des poissons. Nous sommes seuls dans la nuit de la terrasse, exposés à tous les regards. Et dans la chaleur trouble qui noie ma tête, c’est moi qui prends son sexe dans ma main, et le caresse, et le désire enfin sans peur. Et je m’attarde à le toucher, le découvrir, le sentir grandir sous mes doigts. Lui, il ne dit rien, il me sourit dans le noir et soupir quelquefois. Alors je soulève mes jambes et les croise derrière son dos. Il me pénètre en même temps. Je le sens jusqu’au fond de moi dans un long frisson. Nous bougeons lentement l’un dans l’autre. Des sensations inconnues se répandent dans mon corps jusqu’au bout des doigts. Il entre en moi et se retire par longues vagues. Le plus longtemps possible. Nos souffles se confondent entre nos lèvres, s’accélèrent. Dans un vertige. Dans un vertige, je sens qu’il s’enfonce plus brutalement en moi. Quelque chose éclate dans ma tête. Il pousse un léger cri et me serre très fort contre lui. Son sexe palpite dans le mien, j’ai des picotements dans tout le corps.

Nous restons unis sur la terrasse avec le plaisir qui s’écoule en nous. Pour moi c’est la première fois. Les danseurs sont moins nombreux derrière la fenêtre. Un garçon nous regarde, comprend, et nous sourit.

Nous avons souvent fait l’amour, après.

Emma

 Photo glace : Pinterest

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